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05.03.2007

L'université

François Bayrou plaide pour un plan de long terme pour les universités qui serait signé par les grandes formations politiques afin de s’assurer de sa pérennité. Le candidat à l’élection présidentielle prône des moyens supplémentaires, un nouveau statut de la recherche avec un rapprochement des grandes écoles et des universités, et un changement de gouvernance des universités afin qu’elles retrouvent leur rang dans le recrutement des élites.


"Il y a une grande misère de l’enseignement supérieur français : il y a une grande misère en termes de moyens, il y a une grande misère en termes de statut et il y a une grande misère en termes de gouvernance. Cela fait beaucoup. Je reprends rapidement les trois [problèmes].

La France est un des grand pays de l’OCDE qui consacre le moins à son enseignement supérieur. Ceci est impossible à accepter, cela explique beaucoup de difficultés. Ce ne peut être résolu que par un plan de long terme pluriannuel. Et j’ai proposé que ce plan soit signé comme en matière de recherche, par toutes les grandes formations démocratiques françaises s’engageant ainsi à le prolonger au-delà des alternances.

Deuxièmement, il y a une grande misère de statut. Partout ailleurs dans le monde, les cadres de l’entreprise, les cadres de l’économie, les cadres du pays, sont recrutés par l’université ; en France, ce sont les Grandes écoles qui jouent ce rôle. Alors, il y a une grande tradition des grandes écoles mais on ne peut pas abandonner l’Université à cette difficulté, et notamment on ne peut pas abandonner la Recherche à n’être que secondaire dans la formation des élites. Je pense qu’il faut rapprocher Grandes écoles et universités autour d’un statut nouveau de la recherche qui doit faire partie de toutes les grandes formations qui recrutent, qui choisissent les élites dans ce pays.

Troisièmement : il y a une grande misère en termes de gouvernance. La gouvernance des universités est trop complexe, c’est un labyrinthe. D’ailleurs, la participation aux élections le montre. Il faut absolument changer la gouvernance des universités, leur rendre lisibilité et légitimité. Et cela doit être forcément le troisième axe qui permettra à l’université française de retrouver le statut, la dignité, la reconnaissance qu’elle n’aurait jamais dû perdre".