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05.03.2007
La carte scolaire
Pour François Bayrou, renoncer à la carte scolaire c'est légitimer une situation de déséquilibre entre des lieux d'enseignement privilégiés et d'autres défavorisés, alors que c'est ce qu'il faut enrayer. "Les principes de l'école républicaine, c'est que l'on peut trouver partout la garantie d'une éducation de très bon niveau, ce qui veut dire discipline scolaire et, en même temps, une maîtrise de tous les fondamentaux... Et que l'on peut trouver partout l'excellence", dit-il fermement.
"Il y a un grand débat autour de la carte scolaire. Je vois Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal annoncer qu'il faut mettre un terme à la carte scolaire, y renoncer ou en tout cas la rendre tout à fait accessoire. Cela n'est pas mon point de vue. Pourquoi ? Parce que si on supprime la carte scolaire, on accepte l'idée que des collèges ghettos sont reconnus ou acceptés, et qu'au contraire il y a des collèges éminents qui, eux, ont vocation à recevoir la "crème" des élèves. Je ne suis pas d'accord avec ce point de vue. Ceux ne sont pas les principes de l'école républicaine française. Les principes de l'école républicaine, c'est que l'on peut trouver partout la garantie d'une éducation de très bon niveau, ce qui veut dire discipline scolaire et, en même temps, une maîtrise de tous les fondamentaux...Et que l'on peut trouver partout l'excellence. La méritocratie républicaine, les boursiers de la République, toute cette vision des choses qui était une vision profondément française, on pouvait la trouver partout sur le territoire national, que ce soit dans une banlieue en difficulté ou dans une vallée éloignée. Or, cela est à portée de notre main. Cela veut dire donc qu'il faut rendre à tous les établissements la capacité de faire respecter la discipline scolaire élémentaire. Je n'accepte pas quand je vois des familles me dire, y compris musulmanes, qu'elle vont mettre leurs enfants dans l'enseignement privée catholique parce que là, ils seront en sécurité, alors qu'ils ne le seraient pas dans l'enseignement public. Donc cela veut dire qu'il faut proposer un autre chemin d'éducation aux élèves qui déstabilisent les établissements, parce qu'ils sont déstabilisés eux-mêmes, avec un encadrement qui leur permettra de retrouver des repères. Et cela veut dire qu'il faut mettre en place des classes d'excellence, dans tous les établissements français. Accepter que des élèves, particulièrement motivés, ou avec un potentiel très important, trouvent dans leur établissement, des conditions d'enseignement, des options, des cheminements scolaires qui soient exactement du même niveau et même supérieur que celui que l'on trouve dans les établissements les plus favorisés des centres-villes les plus réputés."
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