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05.03.2007

Les banlieues

François Bayrou donne les trois axes d’une politique de long terme pour aider les banlieues. Le candidat à la présidentielle propose de réimplanter l’Etat dans les quartiers en grande difficulté, d’instaurer une égalité des chances réelle à l’école et de poursuivre l’action des zones franches.


"Si on veut une action sérieuse pour sortir les banlieues de l’état de décomposition où certaines d’entre elles se trouvent, alors il faudra peut-être dix ans. Donc, il faut du long terme. Je ne prétends pas avoir une baguette magique, je donne ce que je crois être les axes nécessaires d’une politique de long terme pour la banlieue, pour les quartiers en difficulté, pour les quartiers en panne.

Premièrement, il faut que l’Etat, la puissance publique, redevienne équitable sur le territoire français. On trouve l’Etat partout où ça va bien, hyper-présent avec des uniformes, des gyrophares, des bureaux… une présence formidable là où tout va bien et une absence presque complète là où tout va mal. Je propose d’inverser ce processus et de faire que l’Etat soit plus léger là où tout va bien mais qu’il redevienne présent là où tout va mal. Et je ne parle pas seulement de l’Etat sécurité : bien sûr que cela compte, bien sûr que lorsque l’Etat intervient venant de l’extérieur dans des opérations coup de poing, y compris avec des caméras, ce n’est pas un bon signe. Donc, je suis en effet pour une sécurité proche, enracinée, pas seulement police de proximité mais police de tout le temps. Mais je suis aussi pour que l’Etat service public soit présent dans les banlieues. Je suis pour qu’une coordination de cet Etat proche, de cet Etat de services soit mis en place dans tous les quartiers, je crois qu’il y a 800 quartiers en grande difficulté, répertoriés dans la société française.

Deuxièmement, ce qui compte, c’est l’égalité réelle, pas l’égalité formelle, pas l’égalité dans les mots, l’égalité dans les actes. C’est notamment vrai pour l’école. C’est pour ça que je n’accepte pas l’idée qu’on renonce à la carte scolaire. Et qu’au fond, les meilleurs élèves s’en aillent, et que ne restent que les élèves qui acceptent d’être en situation de ghetto. Je suis pour que l’école offre une égalité de traitement, une égalité des chances réelle à la fois dans la discipline et dans l’excellence.

Troisièmement, je suis pour qu’on poursuive l’action des zones franches".