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08.03.2007

Alerte rouge à droite comme à gauche !

Point de vue Par Hubert Coudurier La longue marche de Bayrou

Rien n’est joué, un Français sur deux n’ayant pas encore décidé, mais notre sondage laisse entrevoir ce qui était impensable il y a un mois : François Bayrou pourrait être, en mai prochain, le nouveau président de la République. Les révélations du Canard Enchaîné sur la sous-évaluation de son ISF n’ont sans doute pas aidé la candidate socialiste. Pas plus que son voyage en Allemagne où l’accueil d’Angela Merkel fut mitigé sur son projet de référendum européen. Toujours est-il que François Bayrou ne serait désormais qu’à trois points de Ségolène Royal dont les approximations et les revirements stratégiques ont fait douter de la carrure présidentielle. Quant à Nicolas Sarkozy, qui conserve une avance de huit points sur le président de l’UDF au premier tour, il serait largement distancé si le second tour l’opposait à Bayrou. Sarko n’a-t-il pas commis l’erreur de l’attaquer en évoquant le spectre de la IV e République ? Relayé par ses lieutenants et en particulier Raffarin sur le thème de l’albatros (que ses ailes empêcheraient de voler), ils l’ont renforcé. Il fallait cibler Ségolène en confortant le clivage droite-gauche qui commence à se déliter. En nuançant leurs programmes et en évitant la confrontation, au risque du bonnet blanc et blanc bonnet, UMP et PS ont crédibilisé la démarche du centriste. Lequel les a conduits à un plus grand réalisme en matière de finances publiques. Le problème de Sarko est d’avoir déjà dit tout et son contraire. Telle la tortue de La Fontaine, Bayrou semble avoir une meilleure gestion du temps. Lui s’est dépouillé des attributs du pouvoir, contrairement à Sarko qui traîne toujours ses guêtres place Beauvau, ce qui rend le candidat UDF plus disponible. Surtout, François Bayrou, éloigné du système, qui n’a pas cherché à être ministre à tout prix, incarne le vieux fond agricole et littéraire d’un pays qui a la nostalgie du passé. Il réussit ainsi à être l’homme de la rupture sans pour autant inquiéter. Or, dans cette élection dépolitisée, où Bayrou est le seul à être candidat pour la deuxième fois, les critères d’appréciation psychologique prennent le dessus. Et l’on sait que, malgré ses efforts, les études qualitatives ne sont pas bonnes pour le candidat de l’UMP. Rien n’est joué mais, pour le tandem Sarko-Ségo, le cyclone Bayrou déclenche l’alerte rouge.