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31.05.2007

Jean-Luc Bennhamias : "Non au manichéïsme !"

Présentation de Jean-Luc Bennhamias par Marielle de SARNEZ : "Il est ou il a été journaliste, c'est un homme politique, il a été et fondateurs des Verts, il est député européen avec moi au Parlement européen, nous avons appris à nous estimer et à nous connaître, Jean-Luc Bennhamias."


Jean-Luc Bennhamias : "Non au manichéïsme !"
François Bayrou 2007

"Chers amis, ce n'est pas sans une certaine émotion que je retrouve le Zénith.

J'étais directeur de campagne de Daniel Cohn-Bendit en 1999 et, dans la même salle, il y avait quasiment autant de monde, je dis bien quasiment, il y en avait un peu moins.

Les parcours politiques sont parfois tout à fait étonnants. Je ne vous retracerai pas le mien. Je rentre au MoDem et j'y rentre de plain-pied et avec toute ma tête.

Il n'empêche que la période que nous vivons est un véritable chamboule-tout politique et que le nouveau président de la République est un véritable artiste ; en plein soixantième anniversaire du festival il nous a produit un casting d'enfer, et ce n'est pas à Cannes que le festival a lieu, c'est à l'Elysée ! Dans la période et vous le savez tous et toutes il est difficile d'être, nous, manichéens quand on a un Machiavel à l'Elysée.

Et pourtant, c'est ce que nous allons essayer de promouvoir, le non-manichéisme, essayer de faire que, dans les fractures droite/gauche historiques, dont tout le monde sait bien qu'aujourd'hui sur de nombreux thèmes que tout cela n'a guère plus d'importance, Marielle de Sarnez a parlé tout à l'heure de la dette publique, je voyais un débat où je participais au sein du premier tour ou droite et gauche se renvoyer la balle : La dette, c'est toi, la dette c'est toi. La dette, c'était l'ensemble des gouvernements de la Vème République. Il y a cette fameuse fracture que l'on ressent lourdement au Parlement européen entre des entreprises publiques, les services publics, les entreprises privées, l'entrepreunarial Nous sommes de ceux qui défendons le service public de l'éducation, de la santé, des transports, de la poste, mais nous ne défendons pas cela au niveau franco-français, cela n'a plus aucune espèce d'importance ni de réalité. Quand on est au Parlement européen, on le sait bien, vous en êtes tous et toutes totalement conscients, ce n'est pas pour rien que j'ai défendu et que vous avez défendu le oui à la constitution.

Il existe de vraies nécessités de service public. Elles ont un rapport direct et elles aident directement les entreprises privées et vice versa.

Les deux vont de pair et ne sont pas séparables et l'Europe le prouvera et l'Europe le montrera. La France, si elle veut sauvegarder ces services publics devra passer par là, les rénover, les faire devenir européens.

Un exemple. On a beaucoup parlé, pendant la campagne présidentielle, de la fusion entre EDF et GDF franco-français comme revendication, très bien, pendant ce temps-là, EDF GDF en entreprises privées vont acheter des parts de marché dans les entreprises privées ou des entreprises publiques ailleurs en Europe, ailleurs dans le monde.

Tout cela n'a pas de connexion. Ce n'est pas compréhensible, c'est incompréhensible.

Si on veut parler de vrai service public, il faut en effet des services publics européens et ils seront d'un type nouveau, d'un type forcément européen.

Il s'agit bien de défendre l'intérêt général, l'emploi, les consommateurs, les usagers, tout cela demande autre chose que la simple défense des intérêts catégoriels.

On le sait, vous le savez aussi, nos sociétés ne peuvent plus allers vers le toujours plus de consommation.

La planète ne supporterait pas si l'Indien, le Brésilien, le Chinois, atteignait, dans les années qui viennent, notre niveau de consommation, la planète n'y survivrait pas.

Il n'y a pas incompatibilité entre emploi défense de l'environnement et pour un niveau de vie et de consommation honorable, partagé, on le sait, on devra forcément passer par la sobriété énergétique et la maîtrise de l'énergie par rapport aux ressources naturelles dont dispose la planète.

Je ne vais pas être trop long ! Ne vous en faites pas, j'en suis à la moitié.

Plus compliqué est le positionnement que nous avons, le Mouvement Démocrate et que nous allons avoir par rapport à ce courant car, dans le casting dont je parlais tout à l'heure, il y a des choses intéressantes et importante.

Je le dis, le Mouvement Démocrate sera le principal soutien de M. Martin Hirsch s'il arrive à lutter contre la pauvreté.

Je le dis aussi, le Mouvement Démocrate sera le principal soutien des organisations et des associations non gouvernementales, environnementales si le ????? est un environnement réussi et qu'il y a de vraies réalisations. Nous devrons nous appuyer sur cela.

Un thème qui nous est cher et qui m'a fait réfléchir dans la campagne électorale qui vient de se passer, c'est : comment on transforme une société, comment il est possible de transformer une société, comment est-ce possible de transformer les politiques publiques ? On le sait, on ne transforme pas une société contre l'avis de ses concitoyens.

Alors, il faut construire une société apaisée.

Le risque vous le connaissez bien avec le nouveau gouvernement, avec le nouveau président de la République, c'est que l'on ait une société de fracture, de violence. Dans une société où les gens se mettent forcément en capacité de résistance, il n'y a pas de réforme possible or la France a besoin de réforme, l'Europe a besoin de réforme.

Dans une société où les gens sont apeurés, où ils ont peur de l'autre, peur de leur voisin peur de l'émigré, il y a des risques de rupture, il y a des risques de refus de tout bouleversement or nous avons besoin de bouleversements.

On peut le dire déjà aujourd'hui, cela ne fera pas rire mes anciens camarades de parti, oui le MoDem est d'ores et déjà un parti écologiste, oui le MoDem est un parti qui a compris que le développement durable n'est pas juste un slogan, mais une réalité à construire d'urgence.

Le MoDem, c'est vous, c'est nous, c'est un pouvoir.

Nous n'en sommes qu'aux fondations, cela va être compliqué, complexe, totalement passionnant, le mélange entre des ex UDF, des ex Verts, des ex PS, des ex Cap 21

De la salle. - Ex UMP !

Jean-Luc BENNHAMIAS. - Non, mais cela va venir ! Et des dizaines et des dizaines de milliers de personnes qui ont des idées politique, mais qui ne sont pas organisées politiquement.

Tout cela est passionnant. Nous allons le construire dans les semaines qui viennent et on a raison de rappeler, François Bayrou a raison de le rappeler, le congrès de fondation réel aura lieu en octobre novembre.

Jusque là nous allons apprendre à nous connaître et à travailler ensemble.

Je termine là-dessus.

Il y a une première haie, c'est la plus haute que l'on a à passer, c'est le dimanche 10 juin. On doit réussir et nous allons réussir.

Je vous remercie."