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31.05.2007

Jean-Marie Cavada : "Vous êtes le sel du Mouvement démocrate !"

Présentation de Jean-Marie Cavada par Marielle de SARNEZ : "Il est un de ceux qui a le mieux analysé, le mieux compris ce qu'est la société française, il a été un grand journaliste et l'honneur de ce pays et du journalisme, je suis heureuse d'appeler Jean-Marie Cavada."


Jean-Marie Cavada : "Vous êtes le sel du Mouvement démocrate !"
François Bayrou 2007

"Avec une présentation comme cela, normalement, je n'ai plus qu'à mourir !

Jamais plus je n'entendrai des choses aussi justes, aussi vociférées, enfin je vais quand même essayer.

Je vous remercie de votre accueil, la voici donc cette toute nouvelle force que vous êtes.

Je sais bien, Marielle, que l'élection est derrière nous, les faits sont acquis, les choses sont en place et la messe est en train de se dire, je le sais, mais je ne veux pas aborder cette séquence nouvelle avant que nous n'entendions François dans quelques instants sans proférer quelques remerciements qui, vraiment, sont extrêmement mérités. D'abord, tous les militants de section ou de cantons qui, dans ce pays, ont fait un bouillonnement extraordinaire de cinq mille personnes et à qui nous devons une partie de ces 18 %.

Ensuite, bien sûr les élus de la maison, qu'ils soient au niveau local, municipal, département, région, Assemblée Nationale, sénat ou Parlement européen, nous avons tous transpiré, mais cette sueur avait un prix et un goût formidable et c'est grâce à vous que nous avons pu vraiment réussir.

Merci.

Enfin, et c'est presque ce qui m'a le plus impressionné, sans une attitude extraordinairement inattendue dans le paysage politique et surtout sans un courage trempé de faire qui fut celui de François, nous n'aurions pas fait cette percée et, cela, je crois qu'il est juste de le souligner à haute voix.

Enfin et dernière chose que je veux dire dans les remerciements, j'étais très impressionné par la start-up faite de jeune femmes et de jeunes hommes dont la moyenne d'âge venait à peine de quitter les Kinders, depuis une dizaine d'années ! Et vraiment je vous dis toute mon admiration et toute mon estime pour tous les jeunes gens de cette campagne à Paris et sur le terrain, vous avez été remarquables, vraiment.

Cette force nouvelle, la voici qui est en train de se mettre en route. Naturellement les candidats et les candidates aux législatives que nous allons tous aider de notre mieux et pour lesquels il faut se répandre comme une nuée de chrysalides dans les circonscriptions pour gêner, embraser, faire avouer leurs turpitudes, défauts ou clanisme aux candidats qui sont en face.

Je veux qu'on les salue ces candidats. Bravo.

Mais la grande et formidable nouvelle c'est qu'à côté de l'histoire du centre rassemblé par l'UDF depuis de longues années, il y a maintenant comme ce ressac, comme cette énorme vague des soixante-quinze mille pré-inscrits en moins de trois semaines, je ne connais pas, dans l'histoire politique de ce pays, un mouvement de protestation pacifique aussi massif que celui que vous avez engendré et je ne voudrais pas que l'on oublie, parce qu'ils sont presque tous anonymes, les dix mille personnes qui, dans cette campagne, nous ont aidés soit par des dons, soit par une présence.

Bref, le mouvement des petits qui voyaient grands.

Alors qu'allons-nous être maintenant ?

Est-ce que nous allons être des militants surchauffés de l'a priori contre tout ?

De la salle. - Non.

Jean-Marie CAVADA. - Cela, François, c'est un mouvement !

Est-ce que nous allons être des obsédés de la rancœur ?

De la salle. - Non.

Jean-Marie CAVADA. - Est-ce que nous allons être des professionnels du refus qui préfèrent le ministère de la parole à la dure lucidité de l'action ?

De la salle. - Non.

Jean-Marie CAVADA. - Est-ce que nous allons être des gens, comme ce fut le cas parfois, tantôt acquiesçant, tantôt supplétifs exploités et d'ailleurs jamais respectés ? Est-ce que c'est cela que nous voulons ?

De la salle. - Non.

Jean-Marie CAVADA. - Nous allons être quelque chose de nouveau dans ce pays et c'est vrai, c'est-à-dire d'abord une immense jeunesse qui caractérise ce mouvement multicolore que je vois dans cette salle et que je salue.

Chers amis, voici venu pour nous et pour quelques années, le temps d'une implacable vigilance, mais d'une vigilance loyale à l'honneur et au bien de ce pays qui n'a pas peur de dire oui, quand les projets de loi sont bons, mais qui refusera catégoriquement de s'y allier et les combattra lorsqu'ils seront néfastes pour notre vie et pour notre avenir.

La France s'est dotée d'un gouvernement légitime, certes, pour lui la difficulté sera naturellement de respecter et sa parole. Je présume que ce sera aussi la difficulté d'avoir une certaine sagesse dans la conduite des affaires de l'État qui consiste d'abord à modérer les excès inévitables. Lorsqu'une majorité, que les sondages nous promettent, pourrait être forte, c'est toujours le bazar, la rébellion et l'extrémisme à l'intérieur. Nous surveillerons cette affaire où que nous soyons.

Et nous, quel est maintenant notre destin et quel sera notre savoir-faire ?

C'est de bâtir ce grand mouvement qui s'éveille dans les semaines et les mois, au plus tard à l'automne, afin que ceux qui n'ont pas cru dans la capacité de réussite de la campagne conduite par François voient les conséquences, si ce n'est dans les urnes des élus de la nation, dans notre façon de fonctionner partout dans les circonscriptions, dans les communes, les agglomérations et les futures échéances électorales.

Pour nous, le moment est de montrer que ce mouvement s'éveille dans la voie de liberté qui était tracée et que nous soyons un mouvement moderne qui n'hésite pas à s'inspirer des meilleures organisations libres que l'on voit dans la politique à travers le monde et que nous irons visiter pour vous offrir une structure qui fonctionne et démultiplie vos efforts et non pas les freiner comme je l'ai vu dans tant de mouvements politiques.

Il nous faut, chers amis, une nouvelle structure qui ressemble à ce que vous êtes dans cette salle et à ce que sont les 19 % de voix qui se sont engouffrés derrière François, multicolores venant de tous les métiers, venant de toutes les régions et nantis d'une seule chose, le destin de notre pays. Il est plus fort que notre corporation, il est même plus fort et plus grand que nos amours, nos amitiés et même nos familles et c'est cela sur quoi nous serons vigilants.

La société civile, les jeunes, doivent prendre des responsabilités et nous devons savoir les leurs attribuer dans ce mouvement qui se met en marche de façon à ce que tout le monde trouve sa place, mais par-dessus tout, nous devons montrer l'usage responsable, l'usage intègre, l'usage dépassionné et exigeant de ce qui est le plus difficile, notre liberté, ce qui caractérise notre mouvement, le MoDem libre.

Je sais bien que le temps de la réflexion sur nos alliances locales ou nationales est arrivé. Je sais bien qu'il faut mener tous ces travaux ensemble, mais le formidable enthousiasme qui s'est créé dans cette campagne et qui se manifeste encore ce soir par votre présence, pour moi stupéfiante de beauté, très vite, il doit produire dans ce pays des résultats.

La liberté, nous ne l'oublierons pas qui est vraiment notre ligne guide doit aussi, en ce qui nous concerne, nous cadrer et elle doit, en toute circonstance, chers amis, se mériter.

Bravo à vous."