05.03.2007
Education
L'éducation est un enjeu primordial pour François Bayrou. Il faut préserver et maintenir notre rang dans ce domaine, puisque la France est un pays dont l'éducation a toujours été un point fort. L'objectif semble plus difficile à atteindre aujourd'hui qu'il y a quelques années, "parce qu’autant l’écrit était pour tout le monde le moyen de communication, autant aujourd’hui tout passe par l’image. Imposer l’écrit avant l’image, voilà un rude défi", annonce-t-il. Le candidat à la présidentielle ajoute un point essentiel au chapitre "éducation". Ainsi, il souhaite s'attaquer aux zones dites "difficiles" et recréer "des voies d'excellences" : "où que l’on habite en France, l’on doit pouvoir, si l’on est motivé et capable, obtenir les mêmes chances".
"L’éducation, pour moi, c’est le sujet le plus important pour l’avenir de la société française. Je ne dis pas cela simplement parce que je suis un enseignant d’origine, que j’ai été ministre de l’Education nationale pendant quatre ans. Que j’ai profondément aimé ce monde. Que je veux le défendre. Je dis cela parce qu’évidemment, un pays comme la France face à la concurrence inéluctable que nous allons rencontrer sur notre chemin, il n’y a qu’une arme, c’est que ses enfants, ses jeunes, ses adultes soient les mieux éduqués du monde. Je suis certain que nous pouvons y arriver. Parce que l’éducation est une grande tradition française, parce que les familles y attachent une grande importance et que nous sommes un pays dont le niveau de formation, en tout cas pour la majorité de ses citoyens, est très élevé.
Quelles sont les clefs de cet avenir ? La première, c’est qu’en sortant de l’école primaire, les fondamentaux se trouvent acquis. Ils sont naturellement plus difficiles à acquérir aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a quelques années. Parce qu’autant l’écrit était pour tout le monde le moyen de communication, autant aujourd’hui tout passe par l’image. Imposer l’écrit avant l’image, voilà un rude défi. Cela signifie qu’il faut que l’école s’impose une règle : ne pourront entrer en sixième que les enfants qui maîtrisent l’écriture et la lecture. Si cette règle est imposée, on va remonter dans le temps. On va assurer le repérage très en amont dès l’âge de six ans de ceux dont on sait qu’ils auront des difficultés. On leur proposera une pédagogie différenciée.
La deuxième clef pour l’avenir sera évidemment, de combattre les difficultés du secondaire, des collèges en zone sensible. Deux propositions pour le collège qui consisteraient à retrouver la discipline scolaire élémentaire. J’étais très frappé dans des visites récentes en banlieues, de rencontrer des jeunes femmes musulmanes qui me disaient qu’elles mettaient leurs enfants dans l’enseignement secondaire catholique parce qu’ils sont là au moins, en sécurité. Ils ne le sont pas dans l’enseignement public. Ceci est purement et simplement inacceptable. Il est impossible de considérer que l’enseignement public est un lieu où l’on n’est pas en sécurité. L’on doit donc s’adresser aux élèves souvent déstabilisés eux-mêmes et qui déstabilisent le collège. Chacun dit qu’il y en a dix ou vingt dans un collège. Nous devons les sortir du collège et leur offrir une pédagogie encadrée afin de leur permettre de retrouver des repères. C’est drastique, c’est rigoureux, mais c’est indispensable pour que le collège redevienne un espace paisible dans lequel on peut étudier. Puis dans ces collèges, dans ces zones sensibles, il faut être capable de trouver des voies qui soient des voies d’excellence. Que l’on ait en option et en qualité d’enseignement la même exigence dans ces classes-là que l’on a dans les collèges privilégiés dans les centres-villes les plus réputés.
Cela fut la règle d’or de l’école républicaine. Nous devons la retrouver. Où que l’on habite en France, l’on doit pouvoir, si l’on est motivé et capable, obtenir les mêmes chances. Et enfin, une clef pour le lycée : réfléchir à la manière dont la classe terminale peut être le chaînon manquant entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. Le dernier grand problème à résoudre sera celui des moyens de dotations de l'Université."
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La carte scolaire
Pour François Bayrou, renoncer à la carte scolaire c'est légitimer une situation de déséquilibre entre des lieux d'enseignement privilégiés et d'autres défavorisés, alors que c'est ce qu'il faut enrayer. "Les principes de l'école républicaine, c'est que l'on peut trouver partout la garantie d'une éducation de très bon niveau, ce qui veut dire discipline scolaire et, en même temps, une maîtrise de tous les fondamentaux... Et que l'on peut trouver partout l'excellence", dit-il fermement.
"Il y a un grand débat autour de la carte scolaire. Je vois Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal annoncer qu'il faut mettre un terme à la carte scolaire, y renoncer ou en tout cas la rendre tout à fait accessoire. Cela n'est pas mon point de vue. Pourquoi ? Parce que si on supprime la carte scolaire, on accepte l'idée que des collèges ghettos sont reconnus ou acceptés, et qu'au contraire il y a des collèges éminents qui, eux, ont vocation à recevoir la "crème" des élèves. Je ne suis pas d'accord avec ce point de vue. Ceux ne sont pas les principes de l'école républicaine française. Les principes de l'école républicaine, c'est que l'on peut trouver partout la garantie d'une éducation de très bon niveau, ce qui veut dire discipline scolaire et, en même temps, une maîtrise de tous les fondamentaux...Et que l'on peut trouver partout l'excellence. La méritocratie républicaine, les boursiers de la République, toute cette vision des choses qui était une vision profondément française, on pouvait la trouver partout sur le territoire national, que ce soit dans une banlieue en difficulté ou dans une vallée éloignée. Or, cela est à portée de notre main. Cela veut dire donc qu'il faut rendre à tous les établissements la capacité de faire respecter la discipline scolaire élémentaire. Je n'accepte pas quand je vois des familles me dire, y compris musulmanes, qu'elle vont mettre leurs enfants dans l'enseignement privée catholique parce que là, ils seront en sécurité, alors qu'ils ne le seraient pas dans l'enseignement public. Donc cela veut dire qu'il faut proposer un autre chemin d'éducation aux élèves qui déstabilisent les établissements, parce qu'ils sont déstabilisés eux-mêmes, avec un encadrement qui leur permettra de retrouver des repères. Et cela veut dire qu'il faut mettre en place des classes d'excellence, dans tous les établissements français. Accepter que des élèves, particulièrement motivés, ou avec un potentiel très important, trouvent dans leur établissement, des conditions d'enseignement, des options, des cheminements scolaires qui soient exactement du même niveau et même supérieur que celui que l'on trouve dans les établissements les plus favorisés des centres-villes les plus réputés."
12:37 Publié dans Enseignement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'université
François Bayrou plaide pour un plan de long terme pour les universités qui serait signé par les grandes formations politiques afin de s’assurer de sa pérennité. Le candidat à l’élection présidentielle prône des moyens supplémentaires, un nouveau statut de la recherche avec un rapprochement des grandes écoles et des universités, et un changement de gouvernance des universités afin qu’elles retrouvent leur rang dans le recrutement des élites.
"Il y a une grande misère de l’enseignement supérieur français : il y a une grande misère en termes de moyens, il y a une grande misère en termes de statut et il y a une grande misère en termes de gouvernance. Cela fait beaucoup. Je reprends rapidement les trois [problèmes].
La France est un des grand pays de l’OCDE qui consacre le moins à son enseignement supérieur. Ceci est impossible à accepter, cela explique beaucoup de difficultés. Ce ne peut être résolu que par un plan de long terme pluriannuel. Et j’ai proposé que ce plan soit signé comme en matière de recherche, par toutes les grandes formations démocratiques françaises s’engageant ainsi à le prolonger au-delà des alternances.
Deuxièmement, il y a une grande misère de statut. Partout ailleurs dans le monde, les cadres de l’entreprise, les cadres de l’économie, les cadres du pays, sont recrutés par l’université ; en France, ce sont les Grandes écoles qui jouent ce rôle. Alors, il y a une grande tradition des grandes écoles mais on ne peut pas abandonner l’Université à cette difficulté, et notamment on ne peut pas abandonner la Recherche à n’être que secondaire dans la formation des élites. Je pense qu’il faut rapprocher Grandes écoles et universités autour d’un statut nouveau de la recherche qui doit faire partie de toutes les grandes formations qui recrutent, qui choisissent les élites dans ce pays.
Troisièmement : il y a une grande misère en termes de gouvernance. La gouvernance des universités est trop complexe, c’est un labyrinthe. D’ailleurs, la participation aux élections le montre. Il faut absolument changer la gouvernance des universités, leur rendre lisibilité et légitimité. Et cela doit être forcément le troisième axe qui permettra à l’université française de retrouver le statut, la dignité, la reconnaissance qu’elle n’aurait jamais dû perdre".
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22.02.2007
L'EDUCATION : LA PRIORITE
François Bayrou a rencontré, mercredi 21 février, les responsables syndicaux de la FSU dont le secrétaire général Gérard Aschieri. L'occasion pour le candidat à la présidentielle de rappeler les engagements pris en la matière.
"Sur le budget j'ai dit ceci : je protègerai les budgets de l'Éducation nationale. Parce que pour moi il n'y a pas d'avenir pour la France s'il n'y a pas une Éducation nationale de qualité. Plus que cela, je vais aller plus loin encore. Il n'y a pas d'avenir pour la France si l'Éducation nationale française n'est pas la meilleure du monde. On a les moyens d'avoir une éducation nationale de premier plan mondial. Si vous comparer, par exemple, avec le système éducatif américain. On a mille fois mieux que le système éducatif américain. Mais cela veut dire que, désormais, un certain nombre de sujets sur lesquels on a connu des échecs, maintenant, il va falloir qu'on se redresse, et qu'on obtienne des réussites. Je répète que la confiance entre le monde éducatif et la nation – et les responsables de la nation - est la clé de tout cela."
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