05.03.2007

Activité universelle

François Bayrou propose une activité universelle pour les allocataires des minima sociaux afin de sortir notamment les RMIstes de la situation d’échec et de la perte d’estime de soi dans laquelle ils se trouvent. Cette activité universelle proposée par des associations et des collectivités locales, permettrait également d’améliorer les revenus des allocataires des minima sociaux.

"Ce qui est frappant et pour moi frappant depuis longtemps, c’est l’enfermement dans un certain nombre d’aides. Il y avait un million de personnes qui dépendaient du RMI il y a cinq ans, il y en a aujourd’hui 1,3 million. Ces personnes-là sont évidemment dans la plus extrême des précarités - parce que le RMI à la fin du mois, c’est au fond très très peu de choses - et en même temps dans un blocage parce qu’on n’ose plus parler aux voisins, on n’ose pas dire dans quelle situation on se trouve. Aux yeux de ses propres enfants, évidemment on n’a pas le statut de quelqu’un qui travaille. Il y a donc là l’enfermement dans un échec et la perte d’estime de soi.

Je pense qu’il faut en sortir. Et pour un sortir, je propose un principe que j’appelle « le principe d’activité universelle ». Quand vous êtes dans une situation du type RMI ou minima sociaux, il faut qu’on vous propose en même temps que l’indemnité, une activité dans une association, dans une collectivité locale tenant compte de vos potentialités : si vous savez maîtriser l’informatique, vous allez pouvoir apprendre à d’autres à le faire ; si vous avez le permis de conduire, vous avez sûrement la possibilité d’aider des personnes en difficulté qui ne peuvent pas se déplacer ; si vous avez l’habitude d’élever des enfants, vous pouvez aider dans une école. Ce qui permettra à chacun de retrouver la certitude qu’il a quelque chose à faire valoir aux yeux des autres et en même temps d’améliorer les fins de mois de ceux qui sont dans la difficulté la plus grande.

Donc, une activité universelle pour plusieurs centaines de milliers de personnes proposée par des associations et des collectivités locales pour que chacun retrouve la certitude qu’il peut donner et pas seulement recevoir, qu’il peut aider et pas seulement être aidé. Et, en même temps, améliorer les revenus de ceux qui ont hélas les revenus les plus bas dans la société".



Les banlieues

François Bayrou donne les trois axes d’une politique de long terme pour aider les banlieues. Le candidat à la présidentielle propose de réimplanter l’Etat dans les quartiers en grande difficulté, d’instaurer une égalité des chances réelle à l’école et de poursuivre l’action des zones franches.


"Si on veut une action sérieuse pour sortir les banlieues de l’état de décomposition où certaines d’entre elles se trouvent, alors il faudra peut-être dix ans. Donc, il faut du long terme. Je ne prétends pas avoir une baguette magique, je donne ce que je crois être les axes nécessaires d’une politique de long terme pour la banlieue, pour les quartiers en difficulté, pour les quartiers en panne.

Premièrement, il faut que l’Etat, la puissance publique, redevienne équitable sur le territoire français. On trouve l’Etat partout où ça va bien, hyper-présent avec des uniformes, des gyrophares, des bureaux… une présence formidable là où tout va bien et une absence presque complète là où tout va mal. Je propose d’inverser ce processus et de faire que l’Etat soit plus léger là où tout va bien mais qu’il redevienne présent là où tout va mal. Et je ne parle pas seulement de l’Etat sécurité : bien sûr que cela compte, bien sûr que lorsque l’Etat intervient venant de l’extérieur dans des opérations coup de poing, y compris avec des caméras, ce n’est pas un bon signe. Donc, je suis en effet pour une sécurité proche, enracinée, pas seulement police de proximité mais police de tout le temps. Mais je suis aussi pour que l’Etat service public soit présent dans les banlieues. Je suis pour qu’une coordination de cet Etat proche, de cet Etat de services soit mis en place dans tous les quartiers, je crois qu’il y a 800 quartiers en grande difficulté, répertoriés dans la société française.

Deuxièmement, ce qui compte, c’est l’égalité réelle, pas l’égalité formelle, pas l’égalité dans les mots, l’égalité dans les actes. C’est notamment vrai pour l’école. C’est pour ça que je n’accepte pas l’idée qu’on renonce à la carte scolaire. Et qu’au fond, les meilleurs élèves s’en aillent, et que ne restent que les élèves qui acceptent d’être en situation de ghetto. Je suis pour que l’école offre une égalité de traitement, une égalité des chances réelle à la fois dans la discipline et dans l’excellence.

Troisièmement, je suis pour qu’on poursuive l’action des zones franches".